Nous avons accueilli dans la deuxième semaine de septembre la famille de Siegfried Pretscher qui vit sur un domaine de 30 ha (40 UGB) dans l’Allgäu (Bavière).
Nous l’avons rencontré la première fois en février lors du congrès des agriculteurs au Goethéanum, où il venait pour la première fois et sans rien connaître ni de R. Steiner, ni de l’anthroposophie, ni de la bio-dynamie ! Nous (Marco, Dominique, Jean-Marie) lui avons rendu visite au mois de mai, munis des préparations fournies par Dominique et avons fait avec lui une dynamisation de la bouse de corne sur les 30 ha de son domaine.
Nous avons alors également mis en place le compostage, avec les préparations pour le composte, d’une de ses sept fosses à purin… Il a par la suite répété deux fois l’opération bouse de corne avec l’aide de ses voisins !
Siegfried, Tania et leurs trois enfants sont venus tirant une remorque derrière leur voiture… transportant deux magnifiques anciennes cuves à lait de 200 l. en acier inoxydable qui seront utilisées pour le brassage des préparations sur le domaine de Dominique Delavigne, en remplacement des vieilles installations usées.
Maintenant, grâce à la présence des ses parents encore vaillants, qui peuvent s’occuper du bétail, Siegfried et sa famille ont pris une semaine de vacance pour visiter la Suisse, ayant trouvé un hébergement chez Andreas Wütrich au Mont-Chesau.
Notre rencontre avec Siegfried à été conduite par ce que l’on ne nomme plus le hasard ! Elle a commencé voici deux ans, lorsque Siegfried a reconstruit sa grange en vue de la mécaniser selon les dernières techniques (tout à l’énergie solaire : éclairage, chauffage, ventilation du foin, grue à foin, évacuateur de fumier, machine à traire, réfrigération du lait… !). Il s’est alors pris d’amitié avec son charpentier… et c’est la femme de celui-ci… qui l’a encouragé à aller au congrès des agriculteurs à Dornach en février de cette année. C’est là que l’auteur du présent article (Jean-Marie Jenni) l’a rencontré à une table de travail. Nous nous sommes alors promis de nous revoir, et c’est ce que nous avons fait en mai, avec Dominique Delavigne (qui fournit les préparations) et Marco Jaquet de l’ARB.
Il faut donc souligner qu’il y a eu à la base de cette rencontre une ferme volonté, des deux côtés, d’aller de l’avant dans l’introduction de la bio-dynamie sur son domaine.
La transformation du domaine de Siegfried prendra du temps. Il y a aussi, dans sa région, une concurrence des loyers sur les terres agricoles exercée par les producteurs de biogaz, ceux-ci ont des moyens financiers plus solides que les producteurs de nourriture. Or, en ce moment, sur trente ha, Siegfried en a dix en location et c’est là une fragilité. La production de son domaine, (alt. 750m) consiste en lait à fromage bio, ainsi qu’en la vente de quelques veaux chaque année. Tout le fourrage d’herbe fraîche et de foin est produit sur place. Il n’y a pas de production de paille, et celle-ci est très onéreuse. Les bêtes sont donc en stabulation libre où seules les couches sont paillées. Pour l’instant les vaches sont encore écornées, mais dans l’avenir elles seront toutes gardées avec les cornes, il faudra donc plus de dix ans avant que tout le cheptel porte à nouveau des cornes. Il n’est pas exclu non plus que la production soit diversifiée à l’avenir.
C’est une question de main-d’œuvre ! Pour l’instant Siegfried peut encore compter sur la présence de son père et de sa mère, tous deux encore vaillants à plus de soixante-dix ans.
Heureusement, le domaine a d’autres ressources. Le travail partiel à l’extérieur de Tania, sa femme, l’hébergement de vacanciers et la vente annuelle d’env. 30'000 KW d’électricité solaire produite en surplus sur toutes les toitures de la fermes.
Pour la suite nous comptons accompagner Siegfried dans l’application des préparations (notamment la silice et le compostage systématique du purin). Ce sera l’occasion de nouvelles rencontres périodiques.
Jean-Marie Jenni
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